
Epic repousse son jeu Disney et y bannit le code écrit à la main, selon Bloomberg
Le lundi 12 octobre, Bloomberg a révélé qu'Epic Games repoussait un jeu de tir fait avec Disney, et qu'un des directeurs du projet avait annoncé à l'équipe la fin du code écrit à la main. Le même jour, Tim Sweeney parlait d'un « énorme virage » vers l'IA. Deux jours plus tard, Epic présentait un nouveau launcher qu'il dit avoir vibe-codé, parce que « programmer, c'est dur ». On en a parlé dans la revue de presse du 16 octobre.
Un jeu Disney repoussé, sans nouvelle date
Epic Games, l'éditeur de Fortnite et d'Unreal Engine, prépare avec Disney un jeu de tir où l'on croise des personnages Marvel et Star Wars. Le jeu n'a jamais été annoncé : on ne connaît ni son titre ni ses plateformes. D'après Bloomberg, il était prévu en mars. Il est repoussé, et aucune nouvelle date n'a été donnée (AV Club).
Toujours selon Bloomberg, Epic a sous-estimé le temps et le nombre de personnes qu'il fallait pour le faire. Le retard ne vient donc pas de l'IA. Disney n'a pas répondu à Bloomberg. Le groupe est aussi actionnaire d'Epic : il y a investi 1,5 milliard de dollars, annoncés en février 2024. Ce n'est pas le budget du jeu.
« Fini le code écrit à la main »
C'est la suite qui a fait parler. Un des directeurs du jeu a écrit à l'équipe que c'en était fini du code écrit à la main (« no more hand-written code »), et que les illustrations devaient être produites de bout en bout par des outils d'IA (Engadget). Les développeurs ont pour consigne d'utiliser des outils comme Claude, l'IA d'Anthropic, et des humains doivent piloter le travail. D'après Bloomberg, c'est la première fois qu'un grand éditeur tente de faire un jeu surtout avec de l'IA (Nintendo Life).
Ce message est interne, et il vise ce jeu, pas tout Epic. Bloomberg l'a obtenu de sources anonymes. Des employés en ont été sidérés, et certains espéraient que ce n'était pas tout à fait sérieux.
Epic ne confirme pas la phrase. Son porte-parole, Jake Jones, confirme l'orientation : l'entreprise adopte un développement accéléré par l'IA, mené par ses développeurs, qu'il présente comme les visionnaires de la maison.
Le « virage » de Tim Sweeney
Le patron d'Epic n'a pas attendu. Le 12 octobre, Tim Sweeney écrit sur X qu'Epic vit un « énorme virage » et déplace des développeurs pour tirer le maximum de l'IA (notre traduction). Le but, assure-t-il, n'est pas de faire la même chose avec moins de monde, mais de permettre à chacun de faire plus, et mieux (AFP, via Khaleej Times).
Le « moins de monde » renvoie à mars. Le 24 mars, Epic licenciait plus de 1 000 personnes. Sweeney expliquait que la baisse de l'engagement sur Fortnite, depuis 2025, faisait dépenser à Epic bien plus qu'il ne gagnait, et précisait que ces licenciements n'étaient pas liés à l'IA (The Sixth Axis).
Ça peut être vrai. À l'antenne, on n'y voyait pas de ligne droite entre ces licenciements et le discours de cette semaine, plutôt le même élan, celui de tout le secteur de la tech. Mais si on travaillait chez Epic, on relirait sans doute le message de mars avec d'autres yeux. Et faire plus avec autant de monde, c'est ce qu'on aimerait toujours entendre. Une entreprise est là pour gagner de l'argent, surtout quand Fortnite rapporte moins qu'avant.
Un launcher vibe-codé, parce que « programmer, c'est dur »
Le mercredi 14 octobre, Epic sort en préversion un nouvel Epic Games Launcher, l'application où l'on achète et lance ses jeux. L'annonce commence ainsi : programmer, c'est dur, alors au lieu de programmer, on a vibe-codé un nouveau launcher (Kotaku). Le vibe coding, c'est décrire en langage courant ce qu'on veut et laisser une IA écrire le code. Epic prévient que cette première version a peu de fonctions, et la compare à un hors-bord plutôt qu'à un yacht.
Le launcher n'a pas été fait sans humains. Martin Keely, qui dirige l'Epic Games Store, a expliqué à The Verge que des agents d'IA ont écrit et relu le code, sous la supervision de l'équipe. Il fallait bien faire quelque chose : en février, Steve Allison, vice-président de l'Epic Games Store, admettait que le launcher était « nul » et trop lent (VGC).
Sur X, Epic publie un graphique : son launcher démarrerait en 5,47 secondes, contre 10,07 pour Steam. Ces chiffres viennent de tests qu'Epic a commandés à un prestataire, Keywords Studios, sur treize PC, et aucun test indépendant ne les confirme (KeenGamer). Et Steam avait pris de l'avance : une mise à jour datée du 13 octobre, la veille de l'annonce, promet un démarrage plus rapide. Un internaute a ensuite mesuré 5,23 secondes sur sa machine, un seul test sur un vieux SSD (Game Rant). Ce n'est pas une réponse de Valve, la mise à jour était déjà en test. Mais l'argument principal d'Epic était fragile dès le jour de l'annonce.
Vous êtes une boîte tech. Vous êtes censés vendre le moteur graphique des prochaines générations, et vous dites que coder, c'est dur ?
Un drôle d'argument de vente
Les réactions ont surtout été moqueuses. Kotaku cite un internaute qui trouve le launcher tellement bâclé par l'IA que c'en est drôle. Engadget juge qu'Epic a mal lu l'ambiance, même si, à l'usage, le nouveau launcher lui paraît moins lourd que l'ancien. Il n'y trouve rien qui n'existe déjà sur Steam ou GOG (Engadget). Le site rappelle aussi l'enquête annuelle de la GDC : 52 % des développeurs y jugent l'IA générative mauvaise pour l'industrie, contre 30 % un an plus tôt.
À l'antenne, c'est l'argument qui étonnait le plus. Beaucoup de joueurs se méfient de l'IA, surtout quand elle remplace des artistes, et Epic en fait un argument de vente. On l'imaginait plutôt fait pour une réunion d'actionnaires. Pour qu'on l'écoute face à Steam, Epic devra offrir plus qu'un launcher vibe-codé. Et l'entreprise qui vend le moteur de la prochaine génération dit que coder, c'est dur : on y voyait un mauvais signe pour les développeurs qui partent, et pour ce qui arrive ensuite.
Chez Xbox, on parle d'agents
Epic n'est pas seul à s'organiser autour de ces outils. Le mardi 13 octobre, Asha Sharma, patronne d'Xbox depuis février, a publié un message à ses équipes : elle crée Xbox Labs, une petite équipe confiée à Scott Van Vliet, le directeur technique d'Xbox (GeekWire). Avant Xbox, elle dirigeait chez Microsoft l'organisation des produits d'IA, CoreAI.
Son point de départ, c'est ce qu'elle voit faire ailleurs : des jeux décompilés et reconstruits pour tourner sur des machines pour lesquelles ils n'avaient pas été conçus, des versions PC traduites pour les puces d'Apple, des portages dans un navigateur, des jeux remixés à l'intérieur d'autres. Le mot « IA » n'apparaît pas une fois. Elle parle d'agents, des programmes qui écrivent, lancent et testent du code, et elle écrit qu'ils bousculent les modèles économiques d'Xbox (Xbox Wire). Elle ne cite aucun jeu et n'annonce ni projet ni date, seulement des outils qu'Xbox promet de partager avec le reste du secteur.
À l'antenne, c'est le point commun avec Epic qui revenait : on parle d'aller plus vite, de faire plus, donc de gagner plus, et presque plus de passion, alors que c'est elle qui fait tourner ce milieu, chez ceux qui font les jeux comme chez ceux qui y jouent. Les joueurs qui s'inquiètent pour l'industrie se tournent déjà vers des projets plus petits et plus personnels. Entre un vieux jeu remis en route par son éditeur et le même remis en route par des fans, on lancerait celui des fans, tant que l'éditeur ne le fait pas fermer.
Revue de presse du 16 octobre 2026. Le sujet Epic commence à 28:36.
Questions fréquentes
Quel est le jeu Disney d'Epic Games ?
Un jeu de tir avec des personnages Marvel et Star Wars, fait par Epic avec Disney. Il n'a jamais été annoncé officiellement : ni titre ni plateformes connus. Selon Bloomberg, il était prévu en mars et il est repoussé, sans nouvelle date.
Pourquoi Epic repousse-t-il son jeu Disney ?
D'après Bloomberg, Epic a sous-estimé le temps et le nombre de personnes nécessaires pour le faire. Le retard ne vient pas de l'IA, même si le projet doit désormais s'en servir beaucoup plus.
Epic interdit-il le code écrit à la main ?
Selon Bloomberg, un des directeurs du jeu Disney a écrit à son équipe « no more hand-written code ». Le message vise ce jeu, pas tout Epic. Epic ne confirme pas la phrase, mais dit adopter un développement accéléré par l'IA, mené par ses développeurs.
Le nouveau launcher d'Epic est-il plus rapide que Steam ?
D'après des tests commandés par Epic, il démarre en 5,47 secondes contre 10,07 pour Steam. Aucun test indépendant ne le confirme, et une mise à jour de Steam datée du 13 octobre 2026 annonce un démarrage plus rapide.
C'est quoi Xbox Labs ?
Une petite équipe créée le 13 octobre 2026 par Asha Sharma, la patronne d'Xbox, et confiée à Scott Van Vliet. Elle doit explorer les jeux portés sur d'autres machines, dans le navigateur ou remixés, avec des agents qui écrivent et testent du code. Aucun projet ni aucune date n'ont été annoncés.
Les sources
Article généré à partir de la retranscription de la revue de presse du 16 octobre 2026.

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