Port ManetteLe jeu vidéo trié et raconté
Indiana Jones et le Cercle Ancien
Bethesda Softworks
Avis & critique

Indiana Jones et le Cercle Ancien

Adapter une licence cinématographique en jeu vidéo n'est jamais une chose facile. Il ne faut pas trahir la licence, faire plaisir aux fans… et puis, il ne faut pas oublier d'être un bon jeu. Alors, quand Indiana Jones et le Cercle Ancien fut annoncé, tous les regards se sont tournés vers lui. Et encore plus quand MachineGames, le studio derrière les derniers Wolfenstein, fut annoncé aux manœuvres avec la volonté d'en faire un jeu à la première personne. Il faut dire que les n*zis, ils connaissent. Après deux derniers films qui n'ont clairement pas fait l'unanimité, Indiana Jones et le Cercle Ancien sera-t-il la dernière bonne aventure du professeur Jones, ou un énième film interactif ?

Alexis9 Octobre 2026

Le vrai Indiana Jones 4

« On pourrait presque croire que le quatrième film Indiana Jones existe enfin. Non non, il n'y a bien QUE trois films ! »

Le Cercle Ancien raconte une nouvelle aventure qui s'intègre naturellement dans l'univers de la saga, avec des personnages créés spécialement pour le jeu mais suffisamment crédibles pour qu'on ait immédiatement l'impression qu'ils ont leur place aux côtés d'Indy. Notre aventurier se retrouvera transporté aux quatre coins de la planète à la recherche d'artefacts religieux, avant que les vilains nazis ne mettent la main dessus : classique mais efficace. L'histoire est intéressante et l'ambiance colle parfaitement aux films. Forcément, son statut de jeu vidéo laisse parfois deviner certains dénouements et rend quelques événements prévisibles. Mais cela ne retire rien au plaisir de suivre cette aventure.

Un artefact de plus à sauver des griffes des nazis
Crédit images : Bethesda Softworks

Et comme chaque volet de la saga Indiana Jones, l'aventure offre un dépaysement total ! De l'Italie au Pérou en passant par la Chine, notre aventurier voyagera aux quatre coins du monde, l'occasion de souiller les tombes et autres sanctuaires dans des lieux aussi variés que possible. Indiana Jones et le Cercle Ancien reprend tout ce qui fait le charme des films (l'aventure, les voyages, l'archéologie, les énigmes, l'humour, les personnages) mais les transforme en une véritable aventure vidéoludique. Une aventure qui nous laisse fouiller, grimper, chercher, nous tromper et surtout découvrir. Car au-delà de son statut d'adaptation d'Indiana Jones, le jeu de MachineGames est avant tout une ode à l'exploration. Une exploration rarement obligatoire, jamais réduite à une simple chasse aux récompenses, et qui procure cette satisfaction toute simple de tomber sur quelque chose qu'on n'avait absolument pas prévu de trouver.

Dépaysement garanti, aux quatre coins du monde
Crédit images : Bethesda Softworks

Et puis il y a Richard Darbois. Sa voix donne immédiatement cette impression de retrouver notre Indiana Jones. Elle sonne évidemment plus âgée aujourd'hui, ce qui peut créer un léger décalage avec un Indy plus jeune, mais l'incarnation reste remarquable. Sans oublier que le jeu ne cherche jamais à nous faire regarder Indiana Jones faire des choses à notre place. La vue à la première personne nous met directement dans ses bottes. On explore, on grimpe, on fouille, on résout les énigmes : on est Indiana !

Une ode à l'exploration

Et je le répète, c'est bien l'exploration qui constitue le véritable cœur du jeu.

Le Cercle Ancien nous propose régulièrement de grandes zones dans lesquelles on peut suivre l'objectif principal ou décider de partir complètement ailleurs. Rien ne nous oblige à faire les quêtes secondaires, à chercher les secrets ou à fouiller chaque recoin. On peut passer trois heures au Vatican comme on peut y rester dix, et c'est ce qui rend le jeu aussi bien dosé. Il est très fourni sans jamais donner l'impression de vouloir nous faire remplir une carte. Les quêtes secondaires sont d'ailleurs un parfait exemple de cette philosophie. Elles restent optionnelles, mais elles sont pourtant primordiales dans l'expérience. Elles proposent leurs propres histoires, leurs propres situations et leurs propres découvertes.

Chaque zone a ses histoires, et ses personnages
Crédit images : Bethesda Softworks

Le jeu possède aussi un système de progression, notamment à travers les livres que l'on découvre dans les différents environnements. Ces livres permettent d'obtenir de véritables récompenses, comme des aptitudes supplémentaires en combat ou de nouvelles compétences, et donnent donc une raison supplémentaire de fouiller. Mais ils ne transforment jamais l'exploration en obligation. On peut très bien terminer le jeu sans avoir tout trouvé. Et malgré tout, ces compétences restent secondaires dans la récompense offerte par le jeu. L'important, c'est l'expérience que ce dernier nous fait vivre.

Tomber sur un passage caché, résoudre une énigme que rien ne nous obligeait à résoudre ou découvrir un endroit improbable constitue une récompense en soi. Le jeu comprend quelque chose d'essentiel : explorer n'a pas toujours besoin de servir à quelque chose.

Même quand il nous guide, il nous laisse découvrir

Le Cercle Ancien alterne régulièrement les grandes zones ouvertes avec des passages plus linéaires. Et cette alternance fonctionne particulièrement bien.

Pourquoi fallait-il que ce soit des serpents ?
Crédit images : Bethesda Softworks

Les séquences plus dirigées ne servent pas uniquement à faire avancer l'histoire. Elles continuent à privilégier l'exploration et nous emmènent généralement dans des environnements qui sortent de ce que l'on vient de découvrir. On retrouve donc cette sensation de découverte même lorsque le jeu reprend davantage le contrôle du rythme. Certaines zones sont plus narratives, d'autres davantage tournées vers l'action, mais elles ne deviennent jamais de simples couloirs entre deux cinématiques. C'est aussi ce qui permet au jeu de trouver son rythme sans nous imposer une durée artificielle. Celui qui veut suivre l'histoire peut avancer rapidement. Celui qui veut tout fouiller peut passer des heures dans une même zone.

Indiana Jones sait aussi casser des bouteilles

Si Indy côtoie des nazis, ce n'est pas juste pour tailler le bout de gras, mais surtout pour faire parler les poings.

Les affrontements sont simples, mais amusants, notamment parce qu'ils permettent d'improviser avec ce qui se trouve autour de nous. Une bouteille, un objet posé sur une table… Tout peut devenir une arme improvisée. Et il y a quelque chose de particulièrement satisfaisant à fracasser une bouteille sur un garde. Les armes à feu sont beaucoup moins permissives. Tirer signifie rapidement attirer l'attention : le corps-à-corps apparaît donc presque naturellement comme l'alternative privilégiée.

Quand il faut faire parler les poings
Crédit images : Bethesda Softworks

L'infiltration, elle, est plus sommaire. L'IA peut parfois avoir des comportements étonnants et montrer ses limites. C'est particulièrement visible dans les dernières zones, où le moindre faux pas peut rapidement provoquer un véritable conflit armé. Ce n'est pas suffisant pour casser l'aventure, mais c'est probablement l'un des rares domaines dans lesquels le jeu montre clairement ses limites.

Et sur Switch 2 ?

Sur la machine de Nintendo, le portage reste impressionnant. Les environnements sont riches, les différents lieux ont une vraie personnalité et certaines séquences sont franchement étonnantes à vivre au creux des mains. Tout n'est cependant pas parfait. Les petits freezes liés aux sauvegardes automatiques peuvent se montrer agaçants, et quelques éléments de décor apparaissent parfois tardivement, notamment dans la jungle péruvienne.

Plus étonnant encore, certaines transitions entre les cinématiques et le gameplay sont assez brutales. C'est un détail, mais dans un jeu qui soigne autant son aspect cinématographique, ces ruptures sont particulièrement visibles.

Rien qui ne remette en question la qualité du portage, mais quelques petits accrocs qui empêchent le jeu d'être totalement irréprochable techniquement.

Le verdict

Finalement, la conclusion est toute trouvée : Indiana Jones et le Cercle Ancien est avant tout une ode à l'exploration.

Une aventure qui nous laisse le choix de suivre son histoire ou de nous perdre dans ses environnements. Une aventure qui récompense la curiosité sans jamais transformer l'exploration en corvée. Une aventure qui comprend que la meilleure récompense n'est pas forcément la récompense, mais simplement le chemin pour y parvenir. Et c'est finalement là que le jeu réussit son plus beau tour de magie.

Ce qui marche
  • Une exploration libre, gratifiante, qui maîtrise parfaitement son rythme
  • Une excellente incarnation d'Indiana Jones
  • Une très bonne adaptation de l'univers des films
Ce qui pèse
  • Une infiltration assez sommaire
  • Une technique sur Switch 2 pas optimale
Pour qui ?

Pour ceux qui veulent se lancer à corps perdu dans une véritable exploration, à la recherche du moindre secret, et qui n'ont pas peur d'acter que l'Indiana Jones 4 se vit avec une manette !

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