
Le studio de Moonlighter repousse le test public de ReVamp par peur des copies faites à l'IA
Lundi 19 octobre, Digital Sun, le studio de Moonlighter, a repoussé le test public de son prochain jeu, ReVamp. Il commencera sur Discord, avec quelques centaines de joueurs, par crainte que le jeu soit décortiqué et copié avant sa sortie. Trois jours plus tôt, les auteurs de Drunken Goddess Reflux avaient annulé leur démo pour une raison proche, et un clone de Needle in a Haystack accusait un autre clone de lui avoir pris son code. On en a parlé dans la revue de presse du 23 octobre.
Le test de ReVamp passe sur Discord
Digital Sun est le studio de Moonlighter, un jeu d'action sorti en 2018, où le héros tient une boutique et vend ce qu'il ramène des donjons. Le jeu, édité par 11 bit studios, a dépassé le million d'exemplaires en 2020. Le studio a fait depuis Moonlighter 2 et Cataclismo. Son prochain jeu, ReVamp, est un tower defense roguelite sur PC : on y joue Dracula, qui aménage son château pièce par pièce pour le défendre contre les humains. Il sort le 25 mars 2027 (Steam).
Des dizaines de milliers de joueurs s'étaient inscrits sur Steam pour un premier test. Le 19 octobre, le studio a changé ses plans (Steam). Le test commence toujours le 29 octobre, mais sur son serveur Discord, avec des accès donnés par vagues. Le test public sur Steam est espéré « vers janvier ». La date de sortie ne bouge pas.
Le studio s'en explique : il s'inquiète des jeux récemment décompilés, copiés et publiés avant l'original. À plusieurs mois de la sortie, donner le jeu à des dizaines de milliers de joueurs lui a semblé un trop gros risque. Son message demande aussi aux plateformes de mieux protéger les œuvres originales. Il ne nomme aucun outil d'intelligence artificielle.
« Sur Steam, le seul levier, c'est le pays »
Israel Mallén, responsable marketing de Digital Sun, a détaillé ce choix à PC Gamer (PC Gamer). Sur Discord, les accès sont donnés à la main : il compte sur « quelques centaines de personnes au mieux ». En échange, le studio peut faire signer un accord de confidentialité et voir qui joue. Sur Steam, d'après lui, le seul filtre possible pour un test est le pays du joueur. Rien ne distingue un joueur actif d'un compte créé pour l'occasion. Il voudrait que Valve laisse trier les testeurs, par l'âge du compte ou le temps de jeu.
Le studio fera quand même des tests publics et des démos, mais beaucoup plus près de la sortie. Israel Mallén parle de mois perdus pour recueillir des avis à grande échelle et faire parler les créateurs de contenu. Il rappelle que Digital Sun a de quoi encaisser, avec dix ans de métier et, selon lui, 250 000 listes de souhaits. Il pense surtout aux développeurs qui débutent.
À l'antenne, c'est ce qui frappait : un studio qui a un million d'exemplaires derrière lui a peur de montrer son prochain jeu. Comment fait celui qui sort son premier ?
La démo sert aussi à corriger le jeu
Pour un indé, une démo sert d'abord à se faire voir. Valve a publié des chiffres sur son premier Next Fest, à l'été 2020 : pour le jeu médian, les ajouts quotidiens en liste de souhaits ont été multipliés à peu près par cinq pendant le festival (Game Developer). Le chiffre est ancien et mesure la participation au festival plus que la démo seule.
À l'antenne, on insistait sur l'autre usage : les retours des joueurs. Quand on travaille sur son jeu tous les jours, on finit par trouver que tout est réglé, alors qu'un joueur qui découvre la démo voit tout de suite ce qui cloche dans l'équilibrage ou une mécanique. Changer ces choses en cours de développement reste possible. Une fois que toutes les mécaniques s'imbriquent, c'est beaucoup plus dur. On citait Replaced, repoussé après sa démo du Next Fest de février pour être peaufiné.
Israel Mallén fait le même constat chez PC Gamer. Si la peur s'étend, prévoit-il, les démos arriveront plus tard, et serviront davantage au marketing qu'à améliorer le jeu avec les joueurs.
Si on ne peut pas montrer son jeu au monde sans craindre qu'il soit cloné, c'est que quelque chose ne va pas.
Needle in a Haystack, le clone cloné
Le 22 août, un développeur poste une vidéo de son jeu : trouver une aiguille dans une botte de foin, avec cinq millions de brins et une seule aiguille. La vidéo fait à peu près 50 millions de vues. Le jeu, Needle In A Haystack Simulator, de Studio Bitdot, n'est toujours pas sorti. Au 18 octobre, Kotaku comptait au moins quatorze copies sur Steam (Kotaku).
L'une d'elles, Needle In A Haystack, du petit studio NoGlyph, a eu une démo les 20 et 21 septembre, puis est sortie le 29. Le 16 octobre, Little Field Studios sort A Game About Needle In A Haystack. Le lendemain, NoGlyph l'accuse d'avoir repris son code, et pas seulement l'idée (Steam). Dans les fichiers du jeu, il dit avoir trouvé treize de ses classes sous les mêmes noms et ses propres messages d'erreur mot pour mot, dont un qui renvoie à un shader absent de l'autre jeu. Le code correspondrait à sa démo. NoGlyph a déposé une réclamation pour droit d'auteur auprès de Valve et demande aux joueurs de ne pas noyer le jeu accusé sous les mauvaises évaluations.
Ça reste une accusation. Little Field Studios n'a pas répondu publiquement, et rien ne prouve qu'une IA ait servi. C'est Kotaku qui y voit la marque typique d'une décompilation assistée par IA. À l'antenne, l'histoire faisait sourire, puisque ce sont des copieurs qui se plaignent d'être copiés. Elle pose quand même deux questions : le joueur qui tape « aiguille dans une botte de foin » sur Steam, il achète lequel ? Et qui doit protéger l'original, Valve ou le développeur, en se taisant jusqu'à la sortie ?
Drunken Goddess Reflux annule sa démo
Le vendredi 16 octobre, Alliance Arts, l'éditeur de Drunken Goddess Reflux, a annulé la démo publique prévue pour l'ouverture du Steam Next Fest, le 19 (Rock Paper Shotgun). Il donne deux raisons. Il comptait limiter la diffusion de vidéos du jeu, et son équipe ne pouvait pas faire respecter ces règles. Il craint aussi que la démo serve à imiter le jeu « avec l'IA ou d'autres outils », et qu'une copie sorte avant lui. La démo se jouera en sessions fermées. Rock Paper Shotgun note que se dire inquiet de l'IA est aussi devenu un argument de marketing.
Ars Technica relie l'affaire à d'autres (Ars Technica). En avril, Lucas Pope, le créateur de Papers, Please, disait dans un podcast qu'il n'était plus à l'aise pour parler de son jeu en cours, de peur qu'il soit aspiré par une IA ou copié. En mars, la développeuse Freya Holmér avait montré un prototype de Tetris où tout le plateau tourne : quelques jours plus tard, des copies faites à l'IA le rendaient jouable avant elle.
À l'antenne, on y voyait le revers de l'IA. Elle est faite à partir de choses qui existent, donc elle copie bien et invente mal. On peut mûrir une idée pendant des mois, une fois qu'elle est montrée, n'importe qui peut la refaire en quelques semaines.
Plus de 7 000 démos au Next Fest
Le Steam Next Fest revient trois fois par an, en février, en juin et en octobre : une semaine de démos gratuites de jeux pas encore sortis. L'édition d'octobre dure du 19 octobre à 19 h au 26 octobre à 18 h, heure de Paris. Les comptages varient selon la date du relevé : plus de 7 000 démos, 8 202 d'après la page presse de Steam citée par Eurogamer, plus du double de l'an dernier (Eurogamer). En octobre 2025, il y en avait environ 3 000. D'après un relevé sur SteamDB rapporté par GamingOnLinux, plus de 1 000 de ces démos déclarent utiliser de l'IA (GamingOnLinux). Valve n'a annoncé aucune mesure contre les copies, et le recours connu reste la réclamation pour droit d'auteur.
Personne ne peut essayer 7 000 démos en une semaine. À l'antenne, on comparait le festival aux conférences qui promettent 200 jeux en une soirée : à la fin, on ne se souvient que des deux derniers. Les studios qui ont le plus à perdre à montrer leur idée trop tôt commencent, eux, à ne plus mettre de démo du tout.
On y voyait se dessiner des strates chez les indés. En bas, la mêlée du Next Fest et de ses milliers de démos. Au-dessus, les jeux qui ont décroché une place dans un showcase indé, où un premier tri a été fait. Et pendant ce temps, on parle davantage des portages faits par des fans, avec l'aide de l'IA, que des nouveaux jeux.
Revue de presse du 23 octobre 2026. Le sujet commence à 6:23.
Questions fréquentes
Pourquoi le studio de Moonlighter a-t-il repoussé le test public de ReVamp ?
Digital Sun craint que le jeu soit décompilé et copié avant sa sortie. Le premier test commence le 29 octobre 2026 sur son Discord, avec quelques centaines de joueurs, et le test public sur Steam est espéré vers janvier.
Quand sort ReVamp ?
Le 25 mars 2027 sur PC. Le changement de test ne modifie pas la date de sortie, d'après Digital Sun.
Quand a lieu le Steam Next Fest d'octobre 2026 ?
Du 19 octobre à 19 h au 26 octobre 2026 à 18 h, heure de Paris. Il propose plus de 7 000 démos gratuites, selon les relevés.
Pourquoi Drunken Goddess Reflux n'a-t-il pas de démo au Steam Next Fest ?
Alliance Arts a annulé la démo publique le 16 octobre 2026 : son équipe ne pouvait pas faire respecter les règles sur les vidéos, et le studio craignait une copie faite « avec l'IA ou d'autres outils ». La démo se jouera en sessions fermées.
Qui a copié Needle in a Haystack ?
Au moins quatorze jeux sur Steam reprennent l'idée de Needle In A Haystack Simulator, pas encore sorti. L'un d'eux, celui de NoGlyph, accuse un autre, de Little Field Studios, d'avoir repris son code. L'accusation n'est pas vérifiée.
Les sources
Article généré à partir de la retranscription de la revue de presse du 23 octobre 2026.

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