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Sektori
Kimmo Factor
Avis & critique

Sektori

Kimmo Lahtinen a passé treize ans chez Housemarque (Resogun, Dead Nation) avant de partir faire son truc tout seul. Quatre ans et demi plus tard, il sort Sektori, un twin-stick shooter qui prend ouvertement la suite de Geometry Wars. Il est passé en novembre dernier sur PC, PS5 et Xbox. J'ai vu que des bons retours, et puis je me suis laissé distraire, je suis passé à autre chose. Quand le portage Switch 2 a été annoncé, j'ai sauté sur l'occasion.

Premier run, première claque. Pari réussi ?

Josian25 Mai 2026

Geometry Wars a un héritier

Sektori est un twin-stick shooter d'arène : stick de gauche pour bouger, stick de droite pour tirer. On dégomme des formes colorées et on essaie de tenir le plus longtemps possible.

On a de bonnes sensations dès le premier run. Les tirs sont nerveux, les explosions crépitent, l'écran pulse à chaque coup qui compte, la manette vibre. On sent la différence entre un tir qui touche un petit ennemi et une super attaque qui en éclate cinq d'un coup. Kimmo a clairement embarqué le savoir-faire Housemarque dans ses cartons.

La bande-son fait le reste : Tommi Lahtinen, le frangin du développeur, signe une partition techno qui porte le jeu du début à la fin. Casque sur les oreilles, trois heures plus tard on y est encore.

Le contrat arcade

La boucle de gameplay est simple : on élimine des ennemis pour récupérer du glimmer, ces paillettes lumineuses laissées au sol. Celui-ci remplit progressivement une jauge qui, une fois pleine, nous offre un jeton à dépenser dans une amélioration, ou à conserver pour viser une option plus intéressante dans la liste.

Et l'ordre des améliorations est figé : Speed, Score, Strike, Shield, Missile, Blaster. On peut s'arrêter à n'importe quel niveau, mais plus on vise haut, plus on prend le risque de se faire déglinguer avant d'avoir encaissé le moindre bonus. Speed au premier jeton pour bouger plus vite ou six jetons d'affilée pour aller chercher Blaster ? La décision se prend en pleine action.

Et si on tient jusqu'au bout de la liste sans rien dépenser, il y a une récompense. Un jeton Evolve tombe, et on pioche une carte qui change le vaisseau en profondeur. Drones, blaster à tête chercheuse, et d'autres trucs que je laisse découvrir. Une fois toutes les cartes piochées, ce sont des jetons Score qui tombent pour les chasseurs de high-score.

La mécanique du Strike m'a tout autant accroché : une pression sur LB et le vaisseau dash en avant, tout ce qui se trouve sur sa trajectoire explose. Son temps de recharge est de dix secondes, sauf qu'en attrapant un certain bonus pendant le dash, on relance un Strike dans la foulée et on se met à enchaîner en découpant l'arène en diagonales.

L'arène, justement, joue aussi avec nos nerfs en mutant en plein combat : le sol s'illumine pour prévenir que le terrain se reconfigure, et on essaie de continuer à jouer comme si de rien n'était.

Côté rejouabilité, il y a six modes à côté de la campagne principale : Classic, Surge, Crash, Gates, Assault, Boss Rush. À première vue ça ressemble à du remplissage, mais en y jouant on comprend que chacun isole une mécanique précise du jeu principal. Crash désactive le tir et oblige à ne tuer qu'au Strike. Gates fait l'inverse : retire le Strike, oblige à esquiver. Assault donne le contrôle des vagues pour comprendre comment la difficulté monte. Boss Rush enchaîne les boss qui font justement souffrir en campagne. Aucun ne porte le nom de tutoriel, et pourtant.

Sektori est dur : pendant les vingt premières parties, on apprend, pendant les vingt suivantes, on commence à survivre. À chaque mort, on sait ce qu'on aurait dû faire autrement, et c'est précisément ce qui fait relancer une toute dernière partie.

Le verdict

Le twin-stick shooter à l'ancienne a disparu des radars depuis des années, et voir un ancien de Housemarque débarquer en solo pour remettre une pièce dans la borne, ça fait du bien. Ce qui m'a tenu, c'est le système d'améliorations qui force à choisir, le deck de cartes Evolve qui donne envie de relancer une partie (la dernière ! promis !), et une bande-son qui nous met directement le nez dans le jeu.

Ce qui marche
  • Une boucle de gameplay précise, avec une vraie tension dans le système de jetons
  • Le Strike et ses enchaînements qui transforment la partie en chorégraphie
  • Bande-son techno qui porte la partie du début à la fin
  • Des modes annexes qui sont en fait des écoles de mécaniques
  • Quatorze euros et quatre-vingt-dix-neuf centimes
Ce qui pèse
  • Difficulté brutale qui peut décourager sans réflexe arcade
Pour qui ?

Pour ceux qui jouaient à Geometry Wars sur Xbox 360 et qui se demandent depuis quinze ans pourquoi personne n'a pris la relève. Et pour ceux qui veulent un jeu Switch 2 à sortir en deux secondes pour une partie de quinze minutes.

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