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Savara
Ankama
Avis & critique

Savara

Ankama, j'ai jamais vraiment suivi. Je connaissais le nom à cause des BD que je voyais passer en librairie, mais Dofus, Wakfu, tout ça, j'étais largement à côté. Donc quand Savara est arrivé sur consoles, j'ai débarqué sans bagage avec juste l'envie de voir ce que ça donnait. Bonne pioche ou pas ?

Josian23 Mai 2026

Un rogue lite qui sait où il va

Savara, c'est un rogue lite d'action où on incarne une guerrière invitée à festoyer pour un dieu du combat nommé Iop. Son truc à lui, c'est de cogner d'abord et de réfléchir jamais, le ton est posé. Le pitch derrière, c'est ça : on enchaîne les arènes, on découpe des monstres, on meurt, on revient plus fort. Du rogue lite classique.

Ce qui accroche dès les premières runs, c'est l'équilibrage. La courbe est bien tenue. On galère au début, et c'est normal. Mais à chaque mort, on sent qu'on est reparti avec quelque chose : des ressources, un peu d'expérience sur les patterns, une arme un peu meilleure. La difficulté monte sans jamais casser le moral, et c'est pas si fréquent dans le genre.

Le vrai point qui rend Savara différent, c'est son crafting. Les ressources pour l'équipement, on les récupère sur les monstres, et pas n'importe comment. Il faut viser. Certaines parties d'un monstre se brisent quand on tape au bon endroit, et c'est ce qui donne le matériau précis pour fabriquer telle arme ou améliorer tel équipement.

On veut un marteau spécifique ? Il faut un truc qui drop sur tel boss. Donc on y retourne, en sachant pourquoi on y va. La run perd son côté loterie. On part avec un objectif, pas en espérant.

Le revers de la médaille, c'est que le bestiaire est un peu léger. Comme chaque monstre est un fournisseur de ressources, l'équipe a sûrement dû limiter le nombre d'ennemis pour que le système tienne. Du coup, on tourne en boucle sur les mêmes adversaires, dans le même ordre. C'est le compromis. Personnellement, ça ne m'a pas dérangé sur la durée que j'y ai mise, mais je comprends que ça puisse fatiguer quelqu'un qui veut y passer cent heures.

Une identité qui dépasse le gameplay

L'autre chose qui sort Savara du lot, c'est tout ce qui ne tient pas à la mécanique. C'est plus une question d'ambiance et de ton.

Visuellement déjà, la palette est saturée et le graphisme général tire vers le cartoon. Ça tranche avec la majorité des rogue lite du marché, qui penchent souvent vers le pixel art rétro ou la stylisation dark. Savara, c'est lumineux, et ça fait du bien aux yeux.

L'écriture suit la même logique. Un humour pince-sans-rire qui se moque gentiment du personnage qu'on incarne. Le jeu se prend au sérieux côté gameplay, mais pas une seconde dans ce qu'il raconte.

Les 90 et quelques bénédictions divines qu'on débloque au fil des runs piochent dans un panthéon plus large, qui semble venir d'un univers maison plus ancien. Je n'ai pas le contexte pour saisir toutes les références, mais c'est l'avantage : le jeu marche sans ça. Pas besoin d'avoir vingt ans de lore derrière soi. Tout se comprend en jouant.

C'est ce que je retiens en premier du jeu. Doryah Games aurait pu faire un rogue lite anonyme et ça aurait juste été un titre de plus. Au lieu de ça, on a un jeu qui a une voix à lui. Et dans un genre saturé comme le rogue lite, c'est ce qui peut faire la différence entre un titre qu'on essaie et un titre qu'on retient.

Le verdict

Savara est un rogue lite modeste, et c'est pour ça qu'il s'en sort bien. Doryah Games n'a pas essayé de réinventer le genre. L'équipe a pris une formule qui marche, y a calé un système de craft et a soigné l'identité autour. Le résultat, c'est un jeu qui assume ses choix.

Ce n'est pas le rogue lite qui va supplanter Hades dans le cœur des fans du genre. Mais ce n'est pas son ambition. Savara joue un cran en dessous.

Ce qui marche
  • Un crafting dirigé qui donne un objectif clair à chaque run
  • Une identité visuelle et un humour qui sortent le jeu du lot
  • Accessible sans avoir besoin de connaître l'univers du studio
Ce qui pèse
  • Un bestiaire trop court qui finit par tourner en rond
  • Un système de craft basique
  • Ds gros emprunts à Hades que le jeu ne cherche pas à camoufler
Pour qui ?

Pour ceux qui ont aimé Hades et qui cherchent un rogue lite sauce Ankama.

Le dossier
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Savara

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