
Orbitals
Présenté pour la première fois aux Game Awards 2025, Orbitals est le premier jeu original de Shapefarm, un studio tokyoïte dirigé par Jakob Lundgren, ancien de Hazelight ayant notamment travaillé sur It Takes Two et Split Fiction. Mais ce qui a surtout frappé durant son annonce, c'est sa direction artistique, tout droit sortie d'un anime des années 80. Et maintenant qu'on a pu le terminer, était-ce un magnifique dessin animé interactif, ou avions-nous une nouvelle proposition marquante du jeu coopératif ?
Deux explorateurs pour sauver leur monde
Dans Orbitals, on incarne Maki et Omura, deux jeunes explorateurs embarqués dans une mission qui les dépasse rapidement. Leur station est menacée par une mystérieuse tempête et le duo doit s'aventurer au-delà de cette frontière pour trouver une solution. Si les enjeux peuvent nous sembler importants en surface, l'ensemble sert surtout à nous faire voyager entre différents lieux abandonnés afin de récupérer le fameux objet nécessaire à la quête.
Mais surtout, pas question de vivre cette aventure seul : Orbitals est entièrement conçu pour deux joueurs et ne propose aucun mode solo. Chacun dirige donc l'un des deux explorateurs, avec une coopération au cœur même de la progression. Les situations sont pensées pour être vécues en binôme et pour obliger les deux joueurs à communiquer et à combiner leurs actions. Et pour simplifier l'accès au jeu, Shapefarm a tout prévu ! À la manière des autres productions du genre, il est possible de jouer en écran partagé en local mais aussi en ligne, avec un Pass ne nécessitant qu'une copie payante pour deux joueurs. Quant à la Switch première du nom, elle peut même être utilisée via le GameShare ! Idéal, même si, quelle que soit la configuration, on ne pourra à aucun moment masquer l'écran de son partenaire. Dommage, surtout en portable.
Kamehorbitaaaaals !!
S'il y a bien un domaine dans lequel Orbitals met immédiatement tout le monde d'accord, c'est sa direction artistique. Le jeu nous plonge littéralement dans un anime des années 80, avec tout ce que cela implique : les couleurs éclatantes, les expressions exagérées, les cadrages, les effets de lumière et cette animation qui donne parfois l'impression de regarder un épisode de Nicky Larson ou de Dragon Ball plutôt que de jouer à un jeu vidéo. Et ce qui est particulièrement réussi, c'est que cette esthétique ne s'arrête pas aux cinématiques.
Ces dernières, réalisées avec Studio Massket, sont d'ailleurs de véritables petites séquences d'animation dessinées à la main, pensées pour retrouver la chaleur et le charme des productions animées classiques. Et cette direction artistique ne disparaît absolument pas une fois la manette en main : Orbitals réussit à transposer cette esthétique directement dans son rendu 3D. Les effets de lumière, les explosions, les particules, les ombres et les mouvements de caméra donnent régulièrement lieu à des plans franchement spectaculaires. Il suffit parfois d'une attaque, d'une explosion ou d'un changement d'environnement pour avoir l'impression qu'une scène entière d'un anime vient de prendre vie sous nos yeux. C'est probablement là que le jeu impressionne le plus : il ne se contente pas de rendre hommage aux anime des années 80, il parvient à en retrouver une partie de la grammaire visuelle.
Et cette identité ne s'arrête évidemment pas à l'image. L'audio est lui aussi complètement dans le ton, avec une bande-son qui accompagne parfaitement cette ambiance d'anime rétro et des bruitages qui renforcent le côté spectaculaire des séquences. Mais c'est surtout le doublage qui finit de vendre l'illusion. La version française peut notamment compter sur Brigitte Lecordier, que l'on connaît pour avoir prêté sa voix à Son Goku enfant dans Dragon Ball, mais aussi à de nombreux personnages emblématiques de l'animation française. Et si vous préférez pousser l'expérience jusqu'au bout, le doublage japonais n'est pas en reste, avec notamment Ryota Ōsaka, connu pour ses rôles dans Haikyuu!!, My Hero Academia ou encore Attack on Titan, qui prête sa voix à Omura.
À deux, c'est mieux… surtout quand il faut sauter
Mais derrière cette direction artistique qui en met plein les yeux, Orbitals reste avant tout une aventure pensée pour être vécue à deux. Ici, pas de mode solo à proprement parler : chacun contrôle son personnage et les deux joueurs doivent progresser ensemble. Et c'est justement dans ces moments où le jeu nous oblige à véritablement coordonner nos actions qu'il se montre le plus convaincant.
Orbitals fonctionne particulièrement bien lorsqu'il assume pleinement son côté plateforme en coopération. Les phases en 2D, sur un même écran, où la progression de l'un peut directement bloquer celle de l'autre, sont sans doute les plus réussies. On pense forcément à Rayman Legends ou aux derniers Super Mario Bros., avec cette nécessité de communiquer, d'observer ce que fait son partenaire et surtout de réussir à être sur la même longueur d'onde. Les passages avec la lave, les déplacements synchronisés ou encore certaines séquences aquatiques font partie des meilleurs moments de l'aventure.
Le problème, c'est que le jeu nous montre régulièrement ce qu'il aurait pu être sans jamais pousser complètement ses idées. La bulle d'eau, le grappin, le laser et les autres mécaniques sont agréables à utiliser, mais donnent parfois l'impression d'être de simples introductions. On découvre une nouvelle possibilité, on commence à imaginer les casse-têtes qu'elle pourrait permettre… puis le jeu passe déjà à autre chose.
Résultat : Orbitals est rarement frustrant, mais il est aussi rarement vraiment exigeant. Certains passages peuvent demander un peu de coordination à un joueur occasionnel, tandis qu'un habitué du genre risque de rester sur sa faim. Et cette sensation est renforcée par une durée de vie assez courte et une rejouabilité limitée : une fois l'aventure terminée, il y a finalement peu de raisons de revenir, alors que certaines mécaniques auraient parfaitement pu donner naissance à des défis supplémentaires ou à des épreuves chronométrées.
Et c'est peut-être là qu'il faut chercher le véritable public du jeu. Celui qui a grandi avec le Club Dorothée, qui reconnaîtra immédiatement les références aux anime des années 80, et qui pourra faire découvrir cet univers à son enfant. Orbitals est finalement moins intéressé par l'idée de mettre deux joueurs à rude épreuve que par celle de leur faire vivre ensemble une petite aventure. Et dans ce cadre, son accessibilité, son esthétique et son obligation de jouer à deux fonctionnent particulièrement bien.
Orbitals est un très joli petit jeu coopératif, porté par une direction artistique exceptionnelle et quelques bonnes idées de coopération. Dommage que ses mécaniques restent souvent en surface et que l'aventure soit aussi courte. Les joueurs expérimentés risquent de rester sur leur faim, mais pour une première expérience de la coopération, difficile de faire beaucoup plus accueillant.
- Une direction artistique qui rend hommage avec brio aux anime des années 80
- Un doublage français particulièrement soigné
- De très bonnes phases de plateforme et de puzzle
- Une aventure accessible et idéale pour partager un moment à deux
- Des mécaniques intéressantes rarement poussées jusqu'au bout
- Une difficulté qui risque de frustrer les débutants tout en laissant les habitués sur leur faim
- Une durée de vie assez courte avec une faible rejouabilité
Pour les fans du Club Dorothée qui veulent initier leurs enfants aux anime de leur enfance.
Orbitals
Orbitals, épisode 6 : boss final, jardin partagé et verdict
Orbitals, épisode 5 : hippocochons, Star Fox et déconnexion
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